20 novembre 2017
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Les routes mythiques de l’Amérique du Sud

L’Amérique du sud est un terrain de grands espaces, ce qui en fait le berceau de nombreuses routes mythiques, dont la « Ruta 40 » argentine et la « Carretera Austral » chilienne.

En partant d’El Chalten sous la neige, nous avons rapidement retrouvé le beau temps, dès que nous sommes sortis des montagnes. Et là, pour en être sortis, on en est vraiment sortis, on a commencé à retrouver la Patagonie de carte postale : de grandes étendues plates à perte de vue. Là où si on tombe en panne on n’a plus qu’à espérer qu’une voiture passe avant la nuit. On nous avait prévenu que ces paysages étaient assez monotones et que ça pouvait vite devenir chiant d’y conduire. C’est vrai que par moment on aurait vite fait de s’endormir… on a eu droit à un grand enchainement de lignes droites, sans fin, tirées au cordeau… on a fait une centaine de kilomètres avec seulement 2 virages, et une ligne droite centrale de 38km…c’est long, surtout que le campervan consomme un max (au moins du 10l/100km) et donc pour limiter le coût de carburant, on roulait à 70-80km/h. Pour couper la monotonie de la route, on essayait de prendre un maximum de piste, où là le sol était tellement défoncé que ça requérait une attention de chaque instant.

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On nous avait aussi prévenu que le vent soufflait très très fort dans cette région. Jusque là on en avait eu quelques aperçus mais rien de bien exceptionnel, de bonnes rafales et voilà. Mais ici, dans ces grandes lignes droites, on a compris ce que voulait dire le vent patagon. Ce n’étaient pas des rafales, mais un vent continu d’une force telle qu’on pouvait quasiment tenir debout comme si on était appuyé contre un mur. Le van faisait des embardées sur la route comme si les roues étaient crevées. Quand on voulait s’arrêter prendre des photos, il fallait faire bien attention à ne pas ouvrir les 2 portes en même temps, parce que sinon, tout l’intérieur s’envolait, et il fallait aussi très bien tenir la porte. On nous avait prévenu chez wickedcampervan parce qu’un de leur client a perdu une porte de van comme ça, en se la faisant arracher. On faisait tellement attention que certaines fois, avec le vent de face, on ne pouvait à peine sortir de la voiture tellement les portes étaient plaquées. Avec ce vent, ajouté aux pistes caillouteuses et la traction arrière du van, Biket se croyait en rallye comme Sébastien Loeb, sauf qu’on roulait à 70km/h…

Un autre fait caractéristique de la Patagonie, c’est que le temps change très vite, certainement dû aux vents violents. On en a eu un parfait exemple : on roulait sous un temps gris depuis quelques heures et on s’est arrêtés à une station service pour faire le plein (la seule à plus de 300km à la ronde, il ne fallait donc pas la louper) et prendre une douche. Au moment de repartir il faisait un grand ciel bleu avec aucun nuage à l’horizon, parfait on va avoir une belle après-midi de route. Au bout d’une heure, on n’a même pas vu les nuages arriver, mais on s’est pris un tempête de neige d’un coup avec un vent latéral ultra violent, la neige tombait à l’horizontale, ça faisait un effet blizzard. Tout le van était complètement recouvert de neige, on ne voyait même plus Bob. On s’est arrêtés manger au bord de la route pendant une petite demi-heure pour manger. Au moment de repartir, il y avait un grand soleil et un ciel bleu sans aucun nuage à l’horizon. Ce changement de temps aussi rapide, violent et soudain nous a laissés sur le cul.

En remontant vers le nord, on voulait aller à San Carlo de Bariloche, à un petit millier de kilomètres. Pour ça on avait 2 options : soit continuer sur la fameuse Ruta 40 avec ses grandes lignes droites où bifurquer au Chili pour prendre une autre route de légende, la Carretera Austral.

Vous vous doutez bien qu’avec le titre de l’article, on a lâché la route 40 pour retourner au Chili. On a commencé à reprendre les routes un peu plus sinueuses pour rallier la cordillère des Andes. On a franchi un poste frontière minuscule où on était la 3ème voiture à passer de la journée (on était en fin d’aprèm). Au moins les formalités sont rapides et la fouille du véhicule y est plus que succincte. Sitôt passée la frontière chilienne, on a commencé sur une tout autre route : une piste encore plus défoncée avec limite des rivières qui traversaient, mais les paysages étaient tellement beaux qu’on a fait fi de l’état de la route. On était plongés en plein cœur de la Cordillère avec ses montagnes enneigées, ses rivières magnifiques où on n’attend qu’une chose c’est d’avoir une canne à mouche et jouer à Brad Pitt dans « Et au milieu coule une rivière ». Biket était d’ailleurs très frustré de ne pas avoir de canne à pêche ; ici c’est le paradis de tous les pêcheurs à la truite.

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On a remonté cette première piste pendant quelques heures avant de retrouver la « piste principale », juste un peu plus large et avec un peu moins d’étangs au milieu de la chaussée. On a bifurqué à Cochrane pour y prendre de l’essence ; la ville était tellement horrible qu’on n’y a fait que ça et qu’on est vite repartis dans l’autre sens.

La fameuse Carretera Austral a été mise en chantier par Pinochet et n’a été achevée qu’en 1996, elle a demande 20 ans de travaux. Le paradoxe de cette route est qu’elle ne mène nulle part, c’est un cul de sac au village de Villa O’Higgins, 500 habitants.

Tout au long de la remontée on en a pris plein les yeux, cette route passe tantôt en fond de vallée où elle longe le rugissant Rio Baker, une des rivières les plus puissantes du Chili, tantôt à flan de montagnes où on flirte avec des ravins très impressionnants ; on y a vu de nombreux glaciers accrochés aux montagnes, ainsi que des fermes typiques de la régions. Ce qui est un peu moins rassurant c’est que la piste est totalement défoncée et même s’il y a moins de vent que dans les grandes plaines, le van continue à jouer à Philippe Candeloro sur la piste (les blagues foireuses en moins), sauf que bien évidemment il n’y a la plupart du temps aucune barrière de sécurité entre la route et le vide… on s’est fait quelques frayeurs (surtout Biket parce que Bikette étaient occupée à regarder le paysage).

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En arrivant à la petite ville de Puyuhuapi, on s’est arrêtés pour faire une petite pause et on s’est alors aperçus qu’on avait une roue complètement à plat, on s’en n’était même pas rendus compte tellement la route était mauvaise, mais ça ne nous a pas trop étonnés vu le nombre de pierres et de nids de poule qu’on s’est pris. Ce qui nous a étonnés c’est que ça ne soit pas arrivé plus tôt. On a donc changé la roue et avons essayé de trouver un réparateur de pneu (un Gomeria). Dans cette ville, les 2 Gomeria étaient fermées. On a alors attendus d’arriver à la ville suivante, La Junta, le lendemain matin, pour faire réparer. En fait cette crevaison n’était pas du tout due à l’état de la route, il y avait une vis plantée dedans.

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On a remonté comme ça la route jusque quasiment Chaiten, avec quand même quelques petites portions de route bitumée, on a ensuite retraversé la cordillère des Andes pour retourner en Argentine, en direction de Bariloche.

Les paysages qu’on a vus sur la Carretera Austral sont sans conteste les plus beaux que l’on ait vus jusque là au Chili et en Argentine. On a parcouru cette route pendant 3 jours et on y a fait quasiment 800km, mais on en a pris plein les yeux, et les pneus.

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3 comments

  1. Salut
    Merci pour ce beau récit à lire.
    Nous ne nous lassons pas de vous lire et de découvrir de nouvelles choses.
    Ien-Ien : le super pro en tout, mauvaises nuits passées à chasser les rongeurs et maintenant le voilà en mécanicien.
    J’espère que tu as bien resserré les boulons. Ne perds pas Bikette en route.
    Continuez à nous faire rêver et à bientôt pour la suite de vos aventures.
    Bisous
    Claude et Michel

  2. Berton chantal et guy (NIORT).

    Bonsoir tous les 2 ;
    CHILI , ARGENTINE ; ARGENTINE , CHILI par des routes qui ne sont que des chemins creux , très endommagés par les intempéries et réalisés sans grands moyens . c’est là qu’on voit la différence entre un pays en voix de développement et un pays « développé ».
    En lisant votre récit , j’ai eu l’impression d’être devant un reportage de « faut pas rêver » ou « échappées belles » . En ce moment , on voit des reportages sur les routes mythiques de différents pays . Mais , là , c’est « pour de vrai », vous avez fait le trajet dans les conditions réelles . On ne peut que s’incliner devant votre détermination et vous dire : BRAVO !!!!! Votre courage force l’admiration .
    Merci à vous , et bon courage pour la suite de vos aventures.
    Bises CHANTAL et GUY.

  3. Je raccroche les wagons!!
    Nickel les biquets ! Vous êtes des champions ! Incroyable ces paysages et l’histoire de la météo !!
    Les routes mythiques sont magnifiques !!

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