17 décembre 2017
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Potosi, les mines mais aussi…

La ville coloniale de Potosi est connue mondialement pour ses mines, ainsi que pour son architecture héritée de la période durant laquelle elle était sous le joug des conquistadors espagnols. Cet héritage a notamment contribué à ce que Potosi soit à ce jour inscrite au Patrimoine Mondial de l’Unesco.

Une autre particularité de Potosi est qu’elle est la ville de plus de 100.000 habitants la plus haute du monde : 4.090m.

Malgré tout ceci, c’est bel et bien son histoire qui fait la renommée de Potosi. Vers 1545, il a été découvert que la montagne « Cerro Rico » recélait un gisement important de minerai d’argent. C’est alors que les espagnols ont commencé à l’exploiter. Ils ont creusé des mines comprenant jusqu’à 10.000 galeries et 1.000 entrées pour en ressortir des quantités incroyables d’argent pendant plus de 3 siècles. Paraît-il, les quantités d’argent extraites des mines de Potosi seraient suffisantes pour construire un pont traversant l’Atlantique !!

Au XVIIème siècle, la ville de Potosi était aussi importante que les grandes capitales européennes comme Londres et Paris. On y dénombrait plus de 160.000 habitants.

Malheureusement, l’exploitation des mines était effectuée par des esclaves amérindiens ou venus d’Afrique et la frénésie de l’appât du gain conduisant à la surexploitation, ce sont des millions de travailleurs qui ont péri dans ces mines. Certains mineurs étaient envoyés dans le fond pendant plus de 48h, sans manger, avec pour seul moyen de subsistance le mâchouillage des feuilles de coca. Cette plante servait d’ailleurs souvent à l’époque de moyen de paiement pour les mineurs car elle leur était vitale sous terre, et avec cette altitude.

Aujourd’hui, les mines sont quasiment épuisées, mais l’exploitation perdure, toujours dans les mêmes conditions d’insécurité et de dangerosité. Malheureusement, de nombreuses familles vivent encore de l’exploitation des mines, dont la plupart des membres, y compris les enfants après ou à la place de l’école, descendent creuser pour en retirer des quantités infimes de minerai et réduire leur espérance de vie comme une peau de chagrin (une quarantaine d’année). Le gouvernement souhaiterait fermer définitivement l’exploitation de ces mines, mais trop de personnes en sont dépendantes.

Un élément nouveau apparu depuis quelques années aggrave encore plus les choses : le tourisme. Il est possible de visiter les mines, accompagné d’un guide, mais cela n’aide pas à leur fermeture. Il existe dans la ville de Potosi un très grand nombre d’agences qui proposent de « descendre » dans les mines. Ils nous confirment tous qu’une partie du prix est reversée aux coopératives de mineurs, mais ça reste à confirmer et de tout façon c’est à peine 1€ par touriste qui serait reversé.

Ne voulant pas participer à cette « exploitation », on a décidé de ne pas aller visiter les mines. On y est allés par nous même, sans agence, jusqu’à l’entrée et on a fait un tour sur le marché des mineurs, là où ils s’équipent de tout leur matériel. Ce marché est assez particulier puisqu’on peut y acheter de l’alcool à 96° (c’est ce que boivent les mineurs pour tenir le coup) mais également des bâtons de dynamite. Pour 2€, on repart avec 2 bâtons de dynamite et le détonateur, c’est en vente totalement libre, sans aucune restriction. Le marchant explique même comment insérer le détonateur et comment allumer la mèche.

On n’est pas descendus dans les mines, au lieu de cela on est allés visiter la Casa de la Moneda. Ce magnifique bâtiment construit par les espagnols au XVIIIème siècle était le lieu où étaient frappées toutes les pièces jusqu’en 1930. Cet immense bâtiment a eu un coût de construction équivalent aujourd’hui à 10 millions de dollars. L’ensemble des pièces du royaume espagnol y était frappé puis acheminé dans de grand coffres forts ultra sophistiqués jusqu’en Espagne. De nombreux autres pays y faisaient également frapper leurs pièces.

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On y a appris des choses très intéressantes, et pour certaines assez surprenantes. Les pièces étant faites de métal précieux à l’époque, et pour éviter que certaines personnes ne « grattent » ces pièces pour recueillir quelques centièmes de grammes d’argent, les bords étaient ciselés (comme certaines de nos pièces aujourd’hui), ainsi on pouvait voir si la pièce avait été entamée. On y a également appris que le sigle dollars provient de Potosi : le symbole de la ville, que l’on retrouvait sur toutes les pièces frappées ici, était une superposition d’un P, d’un T, d’un S et d’un I. Avec le temps, le P et le T auraient disparu du symbole pour donner le symbole $.

Cette visite fut très instructive et très intéressante, qui plus est dans une splendide cadre.

On est ensuite allés visiter la cathédrale, autre héritage de la colonisation. Elle fut construite au XIXème siècle et demeure aujourd’hui très belle. La visite, un peu originale grâce à un guide un peu excentrique, se termine par l’ascension du clocher : on dominait toute la ville et la vallée, magnifique.

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Le reste de la ville est également à voir, c’est un enchainement de demeures coloniales et de maisons plus typiques de la Bolivie, entre lesquelles des petites rues pavées serpentent de gauche à droite, mais également de haut en bas…la ville est à flanc de montagne, donc très pentue.

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Malgré les mines et les nombreuses controverses qu’elles suggèrent, la ville de Potosi est pour nous un passage incontournable d’un séjour en Bolivie ; la ville est très belle, très bien conservée et entretenue.

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4 comments

  1. Je ne connaissais que les mines de Potosi !
    Le dernier reportage vu à ce sujet (« les nouveaux explorateurs » sur Canal) ne montrait pas le reste de la ville.
    Parait que quand les grandes équipes de foot vont jouer là bas, les joueurs finissent HS.
    Biket, t’as essayé de jouer ?

  2. Coucou
    Merci pour ce beau récit.
    Vous nous en apprenez tous les jours (bonne culture pour nous)
    Alors Ien-Ien tu as fait un beau feu d’artifice……….
    Bonne continuation et à bientôt.
    Bisous
    Claude et Michel

  3. Lecture culturelle interessante merci. Reste pour nous lecteurs, un jour, aller contempler egalement tout ca 🙂

  4. Exact pour le foot.
    Les équipes nationales n’auraient pas le droit de jouer les matchs officiels à La Paz et à Quito.
    Une année l’Argentine s’est fait exploser à Cusco.
    Quoique le Brésil n’ait pas besoin de l’altitude !!!!

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