17 décembre 2017
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El Salar chocolate !

La Bolivie est notre troisième pays en Amérique du Sud, pas le plus grand, pas le plus connu, mais quel pays !!!

On y est entrés par la frontière avec l’Argentine (La Quiaca côté argentin et Villazon côté bolivien). Ce franchissement était certes administratif mais bien plus encore : on est arrivés dans une ville relativement différente des villes en Argentine et on a réellement senti qu’on était dans un autre pays, moins riche et plus traditionnel.

La destination de la journée était Tupiza, petite ville à quelques heures de routes, pour organiser la suite. En y arrivant on a reconnu des airs de San Pedro de Atacama (Chili) avec ces petites rues bordées de maisons en terre et toutes colorées. Sa petite taille, ses échoppes, marchés et vendeurs de rue donnent un charme très particulier à Tupiza. On y serait bien restés plus longtemps, mais un autre périple nous attendait : le Sud Lipez et le Salar d’Uyuni.

Bah oui, la Bolivie n’est peut-être pas très touristique, à tort, mais cette partie sud-est a une renommée mondiale et se retrouve placardée sur de nombreux panneaux publicitaires partout sur la planète, sans que l’on sache très bien où ont été prises les photos. Et bien c’est ici, en Bolivie !

Toujours accompagnés de Linda et Nicolas, on a fait le tour de quelques agences pour organiser notre périple de 4 jours. On a finalement opté pour « Alejandro Adventure Tour », une agence familiale qui nous paraissait sérieuse et avec qui le contact est bien passé tout de suite. Comme tout tour dans le Sud Lipez, on avait un 4*4 avec chauffeur et cuisinière, c’est très compliqué de faire autrement. Ces circuits étant très prisés des touristes, on a opté pour un itinéraire alternatif qui selon eux nous emmenait dans certains endroits où nous serions seuls… on demandait à voir, mais on a tenté le coup quand même.

Le lendemain matin, départ de bonne heure pour une longue journée de route. Et oui, dans ce genre de tour on fait pas mal de kilomètres sur des pistes pas toujours super, donc beaucoup de temps en voiture. Mais on est tranquillement assis à l’arrière à admirer des paysages uniques au monde, donc y’a pire comme calvaire.

On a commencé par monter dans les hauteurs de Tupiza et s’enfoncer dans la montagne en passant tout près du Canyon Del Inca, puis on a continué la route jusqu’à Quetena Grande (village qui est plus petit que son voisin Quetena Chico), pour notre première nuit. Ce qu’on a vu la première journée nous a laissé dubitatifs pour la suite du tour : on en a tellement pris plein les yeux qu’on se demandait comment ça pouvait être mieux les jours suivants.

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Une petite précision, et non des moindres, c’est que tout le Sud Lipez et le Salar d’Uyuni sont en altitude, entre 3.500m et 5.000m, ce qui amène donc quelques problèmes : le mal de l’altitude potentiel et les écarts de températures (chaud la journée au soleil et très froid la nuit). Ce petit détail éclairci, on peut parler de notre première nuit, à 4.200m : il a fait froid, mais vraiment froid, des températures qui sont descendues à environs -15°C, ce qui n’est pas si dérangeant que ça en soit, mais quand on dort dans une maison pas isolée, sans chauffage, avec des courants d’air aux fenêtres ça change la donne. Mais bon, avec un bon sac de couchage on survit, c’est juste quand on en sort que c’est difficile. Et au réveil, on avait tellement envie de revivre une journée à se gaver les yeux que ça nous a donné un coup de pied au cul pour s’habiller en vitesse.

Après un très bon petit déjeuner préparé par Fortunata, notre excellente cuisinière, on est montés dans le 4*4 d’Hernan. Pour agrémenter la route, on avait décidé d’un commun accord de mettre un jour sur deux notre musique ; on a donc troqué la musique bolivienne pour des classiques de rock, un peu plus variée selon nous, ce qui a semblé leur plaire également car ils chantaient et dansaient sur les deux sièges avant.

Peu de temps après le départ on s’est arrêtés à une source d’eaux chaudes où un bassin aménagé nous permettait de faire trempette. Vu la température extérieure (entre 0 et 5°C), on n’était pas trop chauds pour se mettre en maillot de bain et se jeter à l’eau. Mais quand on a vu Hernan y aller quasiment en courant, on s’est dit que ça devait être sympa. Effectivement, ça a été dur de se déshabiller, mais quand on est rentrés dans l’eau à 38°C, on a kiffé. La différence de température entre l’air et l’eau formait une vapeur où on ne voyait pas à 2 mètres, c’était mystique, génial ; avec en plus une super vue sur les volcans et montagnes alentours. Mais on ne pouvait pas y rester plus de 20min parce qu’après ça pouvait être mauvais pour le cœur… il faut dire qu’on était à 4.400m d’altitude, donc les écarts de températures peuvent être mauvais.

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Après ça on a repris la route pour les lacs : le désert de Dali, Laguna Verde et Laguna Blanca. Pas besoin de préciser pourquoi on les appelle comme ça. Ces deux lacs sont situés aux confins de la Bolivie, tout proche de la frontière chilienne. On était au pied du volcan Licancabur, culminant à 5.950m, qu’on a tant observé quelques semaines auparavant quand on était du côté chilien, à San Pedro de Atacama. Dans cette région, on s’étonne toujours de l’altitude à laquelle on est : on est sur un plateau et on voit des montagnes ou « collines » autour de nous, qui ne paraissent pas si énormes que ça, mais qui fleurent tout de même les 6.000m… Ce qui est encore plus trompeur c’est que le plateau est très souvent recouvert de végétation et peuplé de lamas et vigognes qui broutent tranquillement, alors qu’ailleurs en général passés les 2.500m la montagne est plutôt rocailleuse et dénudée.

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En remontant vers le nord, on est repassés par la source d’eau chaude : il y avait une vingtaine de 4*4 et une bonne trentaine de touristes en train de se baigner…alors que quelques heures avant, quand on s’y est baignés, on était les seuls… En plus de ça, comme il faisait plus chaud, il n’y avait plus de vapeur s’échappant du bassin…ça perdait tout de suite une grosse partie de son charme. Merci Hernan pour le timing !

On a ensuite pris la direction de la Laguna Colorada : un très beau lac aux eaux colorées (d’où son nom) et qui est normalement le refuge de nombreux flamants roses. Ces grands échassiers étaient bien là, mais le seul hic c’est qu’ils étaient tous morts sur la plage… Une vague de froid la semaine précédente en a surpris beaucoup et les a décimés, y compris les œufs en train d’être couvés. On en a vus par dizaines, voire centaine sur le sable… c’était assez désolant et triste.

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Un peu plus tard, on est allés au champ de geysers « Sol de Manana », situé à 5.000m d’altitude : un grand champ de fumerolles et de boue en ébullitions. On se serait crus en Islande, avec quelques mètres d’altitude en plus.

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Après cette journée bien remplie on a rejoint Villamar pour y passer la nuit, encore fraiche, mais moins que la précédente : il faut dire qu’on n’était « qu’à » 4.000m d’altitude. Au réveil, on a eu la surprise de voir qu’il y avait une carcasse de ferraille empalée dans la montagne juste derrière la maison, à une dizaine de mètres au dessus du toit… On a demandé aux habitants ce que c’était et il nous ont dit que c’était un avion qui s’était crashé l’année dernière, et qu’il y en avait plusieurs autres comme ça dans les environs, mais voilà ça les inquiétait pas plus que ça.

On a commencé la journée par la « Valle de Rocas », une sorte de canyon bordé de formations rocheuses sortant du sable avec des formes parfois surprenantes. Ce qui est encore plus surprenant c’est que cette roche est en fait du corail sédimenté, à plus de 4.000m d’altitude. C’est très ancien puisque c’est apparu au moment de la formation de la Cordillère des Andes.

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Après ça, Hernan, et son itinéraire dans la tête, nous a emmenés dans un autre canyon dont le fond était une rivière parsemée de petits tas de terres/mousse, un vrai marécage vu de loin, mais on pouvait parfaitement sauter de motte en motte sans se mouiller et s’enfoncer les pieds dans la vase : l’eau qui y coulait était très claire, en plus de ça elle était en grande partie gelée. On y a marché une bonne heure au cours de laquelle on a eu la bonne surprise de côtoyer un grand nombre d’animaux d’une espèce qu’on était loin de penser trouver ici : des chinchillas. Ils sont super agiles, ils sautent de pierres en pierres comme des mouflons, se mettent debout. C’est amusant de les voir dans leur milieu naturel, autrement que dans une cage ou chez Animalis ; mais on a quand même envie de les attraper et les tenir dans nos bras tellement leur fourrure a l’air douce.

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Après ça on s’est arrêtés au bord d’un immense canyon où on a pu voir des condors (ça faisait longtemps qu’on n’en avait pas vus depuis le sud Chili) et on a continué vers un petit village au milieu du désert où on a regardé un train passer : ça n’a pas l’air exceptionnel comme ça, mais se retrouver au milieu de rien et voir une locomotive trainant une quantité impressionnante de wagons à 20km/h, avec les montagnes au loin, on se serait crus en plein western avec les indiens qui allaient attaquer sur leurs chevaux.

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Pour notre dernière nuit, on a dormi au bord du Salar d’Uyuni, et pas dans n’importe quelle maison : un hôtel de sel. Quand on y est arrivés, on était complètement ébahis. Tout était en sel : les murs et les lits étaient faits de grosses briques de sel, les sol était recouvert de sel concassé. Cette blancheur donnait une clarté exceptionnelles et une ambiance un peu surnaturelle.

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C’est à ce moment là qu’Hernan a commencé à nous prévenir que le salar n’était pas aussi blanc qu’on l’imagine : de gros vents des semaines précédentes auraient balayé plein de sable et de poussière sur le salar, ce qui le rendrait marron. On pensait qu’il nous faisait une blague et on préférait attendre le lendemain matin pour s’en rendre compte par nous même.

Avec ses 10.500 km2 (environ 150km sur 100km), le salar d’Uyuni est le plus grand désert de sel du monde. Il a été crée il y a plus de 10.000 ans par l’assèchement d’un lac salé. L’évaporation de l’eau ayant formé ce géant de sel a eu pour effet que l’ensemble du salar est d’une linéarité parfaite. La couche de sel est épaisse de 45 m. Ce site est de loin le plus visité de Bolivie, voire d’Amérique du Sud, après le Machu Pichu (il faut encore attendre quelques semaines pour qu’on vous en parle). Comme on en parlait un peu plus haut, ce désert a été le lieu de réalisation de nombreuses publicités dont une des plus connues est un spot d’Air France où on voit un couple de danseurs faire la toupie sur le concerto n°23 de Mozart.

On s’est réveillés en pleine nuit pour partir voir le lever de soleil sur l’île d’Incahuasi (« l’île aux cactus »). On a roulé plusieurs dizaines de kilomètres avant d’y arriver. C’est étonnant de rouler de nuit sur une aussi grande étendue plate, sans aucun obstacle. Hernan a même roulé une dizaine de minutes sans phare tellement il n’y a aucun risque de percuter quoi que ce soit, à part peut-être quelques inconscients qui auraient la mauvaise idée de camper en plein milieu. Une fois montés sur la petite montagne recouverte de cactus géants, on a attendu que le soleil se lève et illumine de ses rayons cette immense étendue de sel tassé pour en révéler la blancheur… ou pas.

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Une fois les premiers rayons arrivés, on s’est rendus compte qu’Hernan avait raison : le Salar n’était pas blanc, mais marron clair !! on était très déçus parce que toutes les photos qu’on en avait vues étaient parfaitement blanches et on n’avait jamais entendu personne nous dire que le Salar pouvait être d’une autre couleur que blanc… mais voilà, apparemment ça arrive et ce n’est pas rare. Il faudra maintenant attendre les prochaines pluies pour « rincer » le Salar et qu’il redevienne blanc. Sauf qu’ici les prochaines pluies ne sont pas attendues avant janvier (dans plus de 6 mois !). C’est dommage puisque quand le Salar est inondé d’une fine pellicule d’eau, ça donne un miroir géant.

Après le lever de soleil, on a repris le 4*4 pour aller un peu plus loin : effectivement, le Salar n’était pas blanc, mais ça dépendait dans quel sens on le regardait et par endroit (un peu plus à l’abri du vent), on retrouvait cette blancheur tant espérée. On a roulé une bonne heure avant d’arriver à un bord où il y a le petit village de Coquesa, au pied du volcan Tunupa. On est montés à peu prêt à la moitié du volcan et on est entrés dans une grotte pour voir des momies Chipayas très bien conservées. En plus, de là on avait un superbe point de vue en hauteur sur la Salar, on voyait l’ensemble et on s’est dit : putain c’est grand quand même !!

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En repartant vers la ville d’Uyuni on a évidemment fait une pause photos au milieu du Salar. Cette étendue parfaitement plate, blanche (enfin presque) et quasiment sans fin est le terrain de jeu de plein de photos très particulières.

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Après on est repartis et on a roulé plus d’une heure sur le sel, sans aucune bosse, sans virage, sans soubresaut, avec du blanc à perte de vue… et là on s’est dit : c’est chiant… non on déconne, évidemment que non c’est pas chiant, c’est un des plus beaux paysages qu’on peut voir sur terre, alors forcément que ça déchire et que c’est pas chiant !!!

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Arrivés à Uyuni, on a eu la bonne surprise de voir que les grèves qui duraient depuis une dizaine de jours venaient de se terminer pour quelques heures : juste le temps de pouvoir rentrer dans la ville, prendre un bus et repartir. Et oui, quand les boliviens font la grève, ils bloquent carrément l’accès aux villes et caillassent quiconque essaierait de forcer le passage. Mais là, on a eu du bol parce qu’ils remettaient le barrage en place dès qu’on est partis.

Comme vous vous en serez peut-être rendus compte, on a adoré le Sud Lipez et le Salar d’Uyuni. On en a pris plein les yeux pendant 4 jours non-stop. Le seul regret qu’on ait est que le tour ne dure que 4 jours et pas 15.

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10 comments

  1. Bikette avec cette si grande etendue toute plane, sans risque de percuter quoi que ce soit, c etait l occasion de tester la conduite 🙂

  2. Vous plaignez pas, quadn j y suis allée y avait 40cm de flotte sur le salar …. impossible d aller sur lile au cactus… hotel de sel inondė… eau toute trouble donc pas de jolies photos… ca la fout mal :'(
    Vous avez fait d3s videos ds le 4×4?

  3. Magique!!!merci de me faire partager de si jolis exploits et de si superbes photos .A vite se régaler de la suite du périple biz

  4. D’accord avec céline! A quand pour toi la conduite bikette ???
    De magnifiques paysages encore une fois, profitez-en bien!

  5. Coucou
    Quoi dire de plus que merci pour ce magnifique récit.
    Vous nous faîtes vraiment découvrir tout et on apprécie.
    Profitez encore à fond de tout ce qui vous attend.
    Bonne continuation.
    Bisous
    Claude et Michel

  6. Bonjour les Aventuriers,

    Pendant que vous « voguiez » sur votre lac salé, je voguais sur les fjords norvégiens dans des conditions beaucoup moins rustiques…
    Les paysages que vous avez traversés sont beaucoup plus impressionnants. J’ai beaucoup aimé les effets visuels sur les personnages : bravo au photographe !
    Continuez à nous faire rêver.
    Bien cordialement.

  7. C’est magnifique.

  8. C’est trop trop beau

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