20 novembre 2017
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Le W du du Torres del Paine

Deuxième étape du road trip, et non des moindres, nous retournons au Chili, et plus précisément au parc national de Torres Del Paine, pour y effectuer une randonnée de plusieurs jours en autonomie complète, le fameux W.

Pour bien préparer ce trek nous avons fait une petite halte à Puerto Natales, la grande ville la plus proche du parc, pour y faire quelques courses et s’équiper d’un réchaud à gaz. Comme nous devons tout porter sur le dos, y compris la nourriture pour plusieurs jours, nous optons pour des aliments légers… en gros de la soupe en sachet, des barres de céréales et des petits gâteaux secs.

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Une fois nos petites courses effectuées nous prenons la route pour le parc ; non pas la route principale, mais une piste qui nous emmène directement à l’entrée Sud du parc, là où nous avons choisi de débuter le trek. Le problème est que cette route est en travaux et fermée la journée, de 10h à 18h. Nous arrivons à l’endroit où la route est fermée vers 17h et devons patienter une bonne heure et demi avant de pouvoir passer ; bon ça va il faisait beau et ça nous a permis de commencer à préparer nos sacs en plein jour. Arrivés à l’administration centrale du parc, nous posons le van sur le parking et y passons la nuit.

Jour 1

Le lendemain matin de bonne heure nous enfilons nos chaussures et nos sacs à dos, et nous voilà partis pour plusieurs jours de marche. On avait vu que ce trek était assez soutenu et qu’il fallait faire de grandes étapes de marche quotidienne, qui plus est à cette saison puisque de nombreux camping sont fermés. De plus, les sacs étaient plutôt lourde, environ 15kg pour Biket et 10kg pour Bikette. Ayant commencé le trek à l’administration centrale, il nous fallait déjà faire un bout de 18km pour rejoindre le début du W. Après une matinée de marche soutenue (on a fait ces 18km en 3h30), nous arrivons au premier refuge au pied de la première branche du W (la branche ouest).

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Nous ne nous relâchons pas et attaquons tout de suite cette ascension de 11 km pour monter au glacier « Largo Grey ». Arrivés au refuge, nous montons la tente et allons faire une petite balade de décrassage pour aller au point de vue donnant sur le glacier. Au final, ce premier jour aura été une étape de 30km ; on est arrivés en haut plutot crevés, mais heureusement il faisait beau et les paysages nous donnaient de l’entrain. La première partie était assez monotone puisqu’on marchait dans une vallée plate avec de hautes herbes, d’où on voyait les montagnes autour de nous, les fameux cerros, mais la deuxième partie était plus intéressante, surtout à partir du moment où on a commencé à longer le lac. On a commencé à apercevoir les sommets enneigés. Quand on est arrivés au glacier, c’était magnifique, cette langue de glace bleue se jetant dans le lac, des icebergs flottaient.

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Ayant marché une partie de la journée dans les herbes mouillées nous étions trempés, surtout nos pieds, malgré nos chaussures en gore tex ; bilan, Bikette s’est choppée une grosse ampoule au talon…pas terrible pour la suite.

Le soir on a rencontré un couple de français qui faisaient le W dans l’autre sens, et donc en étaient à leur dernière étape. Ils nous ont avertis du fait que de nombreux rongeurs (souris, rats…) attaquaient les tentes et la nourriture dans les campings…pas très rassurant tout ça. Comme on était dans un camping payant (le seul ouvert à cet endroit) on avait pu mettre nos sacs et notre nourriture à l’intérieur du refuge, à l’abri de ces rongeurs. Après manger, quand on est retournés à le tente, on a eu la bonne surprise de trouver une grosse souris à l’intérieur de la tente ; le problème est qu’elle ne voulait pas sortir, il a donc fallut que Biket se dévoue et rentre dans la tente avec un bâton pour la tuer sur place, ça a été radical. On a vu après qu’elle était rentrée en faisant un trou dans le toit, et qu’elle avait essayé de sortir en faisant plein de trou dans la bâche du sol, pas terrible pour l’étanchéité. Cette saleté de souris est entrée dans la tente, même si elle était vide, juste histoire de nous emmerder et de défoncer notre tente.

Jour 2

Après une première nuit, dans le froid et pas très reposante puisqu’on n’a pas très bien dormi du fait qu’on traquait les éventuels intrus à 4 pattes, on est repartis pour une autre journée de marche. Malheureusement, le temps avait changé : il faisait plus froid (environ 0°C), il y avait beaucoup de vent et il tombait un mélange de pluie et de neige…toutes les conditions réunies pour une journée de galère. Pour rajouter à ces conditions atmosphériques pourries, Biket s’est réveillé avec une tendinite au genou ; avec Bikette et son ampoule, on faisait une bonne paire d’éclopés boiteux. La journée a donc été un peu plus courte, on a fait halte au camping Italiano, au milieu de la deuxième branche. Il était vraiment tant qu’on arrive parce que Biket arrivait à peine à mettre un pied devant l’autre avec sa tendinite et son sac de 15kg, surtout qu’il y avait pas mal de dénivelé (positif et négatif) sur le trajet. On n’a donc fait que 18km lors de cette deuxième étape.

Le camping Italiano est un camping gratuit où il n’y a aucun bâtiment pour stocker la nourriture et les sacs, il a donc fallu ruser. Surtout que les français qu’on avait vus la veille nous avaient prévenu que cet endroit était le pire pour les rongeurs. On a mis en place un système de cordes accrochées dans les arbres et on y a suspendu la nourriture et les ustensiles de cuisine, en espérant que ça éloigne les souris de la tente…verdict le lendemain matin.

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 Jour 3

Au réveil on s’est précipités pour voir si notre stratagème avait fonctionné, et malheureusement non ; tout notre sac de nourriture avait été visité et ces sales bêtes ont goûté à presque toute la nourriture. On n’a pu sauver que 4 sachets de soupe, 4 barres de céréales et 2 paquets de gâteau. Ce qui est rassurant c’est qu’on n’est pas les seuls à s’être fait attaquer dans la nuit, presque tous les campeurs ont eu la bonne surprise de voir leur nourriture dévorée, y’en a même un qui s’est réveillé en pleine nuit avec un rat dans le pantalon…flippant. La journée commençait bien, en plus il faisait le même temps que la veille (froid, vent, pluie et neige).

On a commencé par monter de nuit au point de vue à 2km au dessus du camping, une bonne marche avec toujours les mêmes problèmes (ampoule et tendinite). Heureusement, le point de vue valait le coup, un levé de soleil (même si on l’a pas vraiment vu à cause du temps) sur un beau glacier au milieu de montagnes enneigées. Un très beau panorama dans un cirque au fond de la vallée.

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Nous sommes redescendus et avons commencé une autre bonne journée de marche. On ne savait pas trop jusqu’où on irait, mais la tendinite de Biket commençant à se calmer en milieu de matinée, on a décidé de continuer à marcher jusqu’à au camping Las Torres, en haut de la troisième branche du W. On est arrivés à bout de force, on n’en pouvait plus, il faisait quasiment nuit. Il faut dire qu’on a marché 29,5km dans la journée, dont les 15 derniers avec un dénivelé positif assez raide.

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Encore une fois on a attaché la bouffe dans les arbres, et encore une fois au matin on s’en était fait dévorer une partie. C’était vraiment tant qu’on termine ce trek puisqu’il ne nous restait que 2 sachets de soupe.

Jour 4

On arrivait bientôt au bout de nos peines puisqu’il nous restait qu’une dernière ascension à faire pour aller au mirador des Torres et ensuite la descente jusqu’à la fin du trek. La montée jusqu’au Mirador était très raide, mais heureusement courte (1km). Quand on est arrivés en haut, on a pu avoir une vue splendide sur les fameuses tours de roche dont le parc porte le nom ; en plus on a eu de la chance, il y avait un rayon de soleil à ce moment là.

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Ca n’a malheureusement pas duré parce qu’il a plu tout le reste de la journée ; mais c’est pas grave parce qu’on savait qu’on était arrivés au bout. On a fait les 9km de descente assez rapidement, un peu dans la douleur quand même, parce qu’arrivés en bas il fallait qu’on trouve un moyen de locomotion pour rejoindre notre van qui était garé à une cinquantaine de km de là. On a marché 5 km de plus avant qu’on nous prenne en stop jusqu’au bureau des rangers situé à l’intersection avec la route principale, à encore 40km de la voiture. On a attendu toute la journée dans leur bureau en espérant voir une voiture arriver ; malheureusement seulement 5 ou 6 véhicules sont passés dans la journée et pas une seule n’allait là-bas. Le point positif c’est qu’on était au chaud, ça a permis de faire sécher nos affaires. Le soir arrivant, les rangers ne voulaient pas nous laisser dans la merde et nous ont gracieusement offert de nous loger dans une de leur petite maison pour rangers de passage. C’était royal, on n’aurait pas pu rêver mieux, il y avait un poêle à bois, une douche chaude et des vrais lits ; bref le grand luxe après 3 jours de galère dans le froid et la pluie. Le seul truc qui nous manquait c’était un vrai repas : un plat de pates avec des knakis dont on rêvait depuis plusieurs jours (et oui on se contente de peu dans ces moments là). On devrait prendre le bus le lendemain matin pour aller jusqu’à l’administration centrale et rejoindre notre van pour de nouvelles aventures.

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Bilan de ce trek :

91,5 km parcourus en 3,5 jours

5 ampoules pour Bikette

Une tendinite pour Biket

Une toile de tente défoncée

Un paquet de nourriture perdue

3 bracelets perdus pour Bikette

1 lampe perdue pour Biket

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11 comments

  1. Il n’y a pas à dire, vous méritez largement votre réputation d’aventuriers…
    Pour les rongeurs, il n’y a qu’un gros entonnoir enfilé à l’envers sur la corde et retenu par un noeud un peu au-dessus du sac suspendu qui peut éventuellement les écarter (vieux truc de grand-mère).
    Bon courage pour la suite.

    Très amicalement.

  2. Coucou
    Encore bravo pour ce beau récit.
    Vous êtes vraiment volontaires et courageux pour tous ces kms parcourus à pied.
    Avec tous ces efforts vous avez pu contempler de beaux paysages.
    Malgré tous vos petits soucis, rien ne vous arrête. BRAVO LES AVENTURIERS.
    Bon courage pour la suite et à bientôt pour un prochain épisode.
    Bisous.
    Claude et Michel

  3. Bravo à vous!!!!!bises

  4. Berton chantal et guy (NIORT).

    Bonjour à vous 2 ;
    Et oui , le statut  » d’aventurier » se mérite , et vous le prouvez par votre récit et vos photos qui sont toujours aussi belles.
    Bon courage pour la suite de votre voyage , milles bisous et à + pour de nouvelles aventures.
    CHANTAL et GUY.

  5. Salut!

    Vous avez eu encore moins de chance que nous!
    On avait pas eu de souris au camping en bas des tours… A se demander si ce n’est pas les rangers qui les mettent dans les sacs!
    Bravo en tout cas pour avoir reussi dans ces conditions!
    On vous a revu avec votre van a San Martin, quand on marchait sur le bord de la route des lacs!
    Vous en etes ou maintenant?
    Nous, retour au Chili a la Serena, puis San Pedro de Atacama.
    A bientot peut-etre! 😉

  6. Bonjour à tous les deux et un grand bravo pour cette nouvelle aventure au milieu des rongeurs !!!!

    Ondine, j’étais à Brive cette semaine en formation et nous avons beaucoup parlé de toi (en bien !!!!), nous suivons ton tour du monde avec beaucoup de bonheur.

    Bises

  7. Beau stock de bons souvenirs.
    Sans les souris, les ampoules et la tendinite c’est moins aventurier!

  8. Bravo à tous les deux pour ce super périple qui me fait grincer mes artères. Largo Titus Winch et Eva Françoise Green n’ont qu’à bien se tenir! eric

  9. Pas mal du tout pour des p’tits randonneurs franciliens !!! Vivement que vous veniez expérimenter les côtes du Perche.
    On continue à avoir la bougeotte en vous lisant.
    Prenez soin de vous.
    Biz

  10. toujours en retard, mais je tiens !!
    Saletés de rongeurs !! Incroyable !! Pourtant votre stratagème avait l’air au top !! Les crapules !!!
    Et je tiens à vous féliciter pour votre périple !! Surtout avec les ampoules et tendinite !! Vous êtes de vrais aventuriers !! 🙂
    Et ça en valait la peine, c’est vraiment très beau !!

  11. Bon j’ai un peu de retard dans la lecture de vos aventures, mais je me régale toujours autant. C’est vrai que cette aventure fait un peu moins rêver que les plages de sable fin (énorme le coup des bestioles !!!). Continuez comme çà. Bizzz

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