20 septembre 2017
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Deux jours à Phnom Penh, le témoignage d’une triste période de l’histoire cambodgienne

Après Kratie, la deuxième étape cambodgienne était Phnom Penh, ou nous avons retrouvé nos amis Emma et Pascal (www.levoyagedemonsieurpanda.com) rencontrés en France lors de la préparation de nos tours du monde respectifs.

Cette ville de 1,5 millions d’habitant est située en plein centre du Cambodge et est l’étape obligatoire pour tout grand déplacement dans le pays ; quasiment tous les grands trajets de bus entre les différentes grandes villes y passent.

Toujours pas adeptes des grandes villes nous n’envisagions pas forcément y faire un stop, mais devant y passer quoi qu’il arrive, on a quand même opté pour y rester quelques jours afin de découvrir par nous même si Phnom Penh ne recélait pas des merveilles.

La première journée fut assez calme, en compagnie de Monsieur et Madame Panda, on a déambulé dans les rues en essayant de se faire une première impression. Cette balade fut également l’occasion de s’échanger nos expériences, impressions, anecdotes et bons plans sur nos tours du monde respectifs : Emma et Pascal sont partis peu de temps après nous et ont débuté leur périple par l’Amérique du Sud.

On a marché jusqu’au Tuol Sleng, ou plus tristement connu comme le camp S-21. Ce camp, installé dans un ancien lycée, fut l’un des principaux camps de torture durant la dictature des Khmers rouges au cours des années 70 ; plus de 14.000 personnes « soupçonnées d’opposition » au régime y furent torturées et exécutées, parmi elles de nombreuses femmes et enfants.

Le parcours de la visite se déroule dans les salles de tortures, les cellules et autres pièces à destination inconnue. Ces salles sont quasiment restées telles quelles depuis la libération du camp : on y trouve encore les lits des prisonniers sur lesquels étaient attachées leurs entraves. Des photos d’époques témoignent des atrocités perpétrées dans ce camp de la mort.

Un peu plus loin, les pièces sont de grandes enfilades de grands tableaux recouverts de photos d’identité des détenus. Chaque personne entrant dans ce camp y était photographiée. Sur chaque visage on voit l’effroi et la douleur. Les regards fixant l’objectif d’une telle intensité que l’on se sent traversé par un sentiment d’impuissance face à cette barbarie. L’effroi, la douleur, l’intensité mais jamais l’espoir ne transfigurent de ces photos car tous les prisonniers sont conscients du sort qui les attend : on ne ressort pas vivant du camp S-21. Et encore, la mort y était certainement considérée comme une délivrance tant les tortures et les souffrances à endurer étaient insoutenables.

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Le pire dans ces regards pleins de résignation c’est que les enfants, même très jeunes parfois, le partagent avec autant d’intensité que les adultes.

Les pièces suivantes, à l’étage, sont les cellules des prisonniers : une succession de petites stalles de 3m2 où les prisonniers s’y entassaient à 3 ou 4. 

La dernière pièce de la visite était une salle où l’on pouvait lire certains témoignages de rares prisonniers survivants lors de la libération du camp racontant leur calvaire.

Au fond de la pièce, comme la visite n’avait pas été suffisamment explicite sur le génocide des khmers rouges dans les années 70, une grande caisse en verre était remplie de centaines de crânes humains. Sur certains on apercevait un trou très net, témoignant d’une exécution à bout portant. Une autre caisse similaire contenait des ossements retrouvés dans les nombreux charniers découverts dans le pays. 

A la libération du camp, il n’y avait que 7 survivants.

Cette visite, très lourde en émotions, nous a laissés sans voix et pensifs. La plupart des visiteurs semblaient partager ce ressentiment, en particulier les nombreux cambodgiens venant perpétrer le devoir de mémoire d’un peuple qui a énormément souffert de Pol-Pot et ses hommes.

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Après cette visite nous avons continué à déambuler dans les rues, notamment sur les rives du Mékong.

Nous sommes passés devant le palais royal qui a priori mérite la visite, mais le nombre de touristes faisant la queue devant nous a rebutés.

Le lendemain, nous faisons nos visites habituelles des marchés de la ville où là rien d’exceptionnel ne nous y attend. Une nouveauté que nous n’avions pas vu jusqu’ici : les coques. Des vendeurs ambulants vendent des coquillages ressemblant fortement à des coques que les cambodgiens semblent apprécier puisque on retrouve des coquilles par terre un peu partout dans la ville. Nous n’avons pas testé ces coques, souvent à peine cuites, car elles sont étalées à l’air libre sur la charrette du vendeur ambulant, en plein soleil toute la journée (et au Cambodge le soleil tape très fort et il y fait très chaud). Ca nous a un peu rebuté. On a été quelques peu déçus par ces marchés puisque nous n’y avons trouvé aucune bizarrerie comme des araignées, alors qu’on avait entendu dire que les cambodgiens en raffolaient.

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A notre sens, Phnom Penh est une ville qui vaut le coup d’une petite visite (en particulier le camp S-21) si l’on est amenés à y passer mais qui ne mérite pas nécessairement d’y faire une étape prolongée. 

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