24 septembre 2017
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Sur les hauteurs de l’Himalaya … 1ère partie

Jour 1

Levés 6h pour retrouver notre guide afin de prendre le bus pour Arugath. Départ à 8h dans un bus local bondé où les places étaient optimisées au maximum : nos genoux touchaient le siège devant, et pourtant nous ne sommes pas grands.

La route empruntée serpentait dans la vallée de Kathmandu pendant 4h. Les vues étaient splendides mais la circulation et l’état des routes horribles … mais nous n’étions pas au bout de nos peines.

Après 4h de route asphaltée nous avons bifurqué sur une piste totalement défoncée ou le bus, heureusement c’était un 4×4, fleuretait constamment avec les ravins de plusieurs centaines de mètres… ça sautait dans tous les sens, on se tapait partout, on était super serrés, c’était plein de poussière ; tout ça pendant 3h30.

1ère journée très éprouvante : 7h30 de bus pour faire environ 110km (ça donne une idée de la vitesse moyenne).

Jour 2

Départ pour le 1er jour de marche. Cette première journée se déroule dans la vallée en longeant la rivière en contrebas. Les flancs de colline, très abruptes et hauts nous rappellent que nous sommes dans l’Himalaya, plus haute chaine de montagnes au monde. Au bout d’1h, le brouillard s’étant levé, notre guide nous montre au fond notre destination finale, le Mont Manaslu, enneigé bien sûr.

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Cette première étape devait initialement durer 4-5h, mais au moment du déjeuner notre guide nous dit que nous avançons bien et nous propose de rallonger cette première étape de 2h30 ; au final nous avons marché 7h dans la journée.

Au cours de cette marche, nous avons traversé de nombreux villages (de quelques maisons seulement à chaque fois) où la plupart des enfants nous accueillaient à bras ouverts.

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Le chemin était principalement un sentier assez praticable, mais sur la fin du parcours ce sentier était taillé dans une falaise et nous progressions sur une corniche longeant un précipice de plusieurs centaines de mètres.

Jour 3

Cette nouvelle journée de marche s’est déroulée sous un soleil éclatant. Les paysages étaient assez similaires à la journée précédente. Le sentier taillé dans la falaise serpentait au gré du lit de la rivière dont le grondement permanant nous accompagne depuis deux jours. Le trajet de 5-6 heures a été ponctué de traversées de villages et de croisements de convois de mules. Ces villages de montagnes sont très isolés et ne disposent que des seules mules et de porteurs pour assurer leur approvisionnement. Sur la route, une rencontre incongrue aurait pu virer au drame : Biket marchait tranquillement juste derrière Bikette et d’un coup, un branche tombe de la falaise, jusqu’à là rien de bien méchant, mais cette branche était bel et bien vivante et s’est faufilée entre les pieds de Bikette pour descendre dans le ravin à droite. C’était en fait un serpent ! Quand on connaît la grande sympathie de Bikette pour cet animal, un face à face entre eux aurait pu être ben pire, sur un sentier d’un mètre de large bordé d’un côté d’une falaise infranchissable et de l’autre côté un ravin de plusieurs dizaines de mètres qui lui, est facilement franchissable, quand on fait un écart ; le résultat final est bien souvent pas très beau à voir ! Au final, Bikette n’a même pas percuté que c’était un serpent qui lui est passé entre les jambes, ouf !!!

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Au milieu de l’après-midi, nous arrivons au village de Tatopani où nous prenons place dans notre chambre très spartiate. Ensuite, le guide nous montre la douche : un tuyau d’eau chaude coulant de la montagne (il y a des sources d’eau chaude pas loin) sur des dalles en pierre, tout ça en plein milieu de la place du village, au bord du sentier ; c’est ce qu’on peut appeler une douche publique, voire un douche en public. Mais après une bonne journée de marche, on ne fait pas les difficiles, surtout au beau milieu de l’Himalaya.  Au moins c’était chaud, ça faisait plusieurs semaines qu’on ne s’était pas lavés à l’eau chaude.

Dans la soirée notre guide, Pemba, nous a expliqué les différentes étapes pour gravir l’Everest, ce mont qui fait tant rêver. Lui-même l’a déjà gravi 4 fois (dont une fois sans oxygène) et a également gravi plusieurs autres sommets au-delà des 8.000 m, il sait donc de quoi il parle. Il faut 2 mois pour monter l’Everest. Ca commence par une dizaine de jours pour aller jusqu’au camp de base principal (à un peu plus de 5.000m), de là 4 autres camps de base sont disséminés jusqu’au sommet. La principale difficulté dans cette ascension est l’acclimatation à l’altitude, c’est pourquoi c’est aussi long : il faut monter à chaque camp de base et redescendre au camp de base principal. Il faut par exemple 2 jours pour rallier le camp de base n°2… cette montée progressive se fait généralement plusieurs fois ; ensuite on redescend, on remonte ensuite au camp de base n°3, on y reste plusieurs nuits, on redescend au camp de base principal …

Un autre problème majeur avec cette ascension est la météo. Le camp de base principal est équipé de tout le matériel et sources d’informations nécessaires. Les alpinistes sont en contact permanent par radio avec le camp de base. Il nous a raconté que lors de sa 3ème ascension une avalanche a tué un grimpeur indien qui se trouvait à seulement 2h de marche devant lui…

La dernière étape, la plus cruciale, se fait de nuit (départ à 9h du soir) pour arriver au sommet (si tout se passe bien) le matin au levé du soleil, et surtout avant qu’il n’y ait trop de vent au sommet. Après 15min au sommet à -55°C ils amorcent la descente. Cette aventure semble fascinante mais nécessite du temps (2 mois), de l’argent (environ 30.000 USD), une excellente condition physique et surtout beaucoup d’entrainement. Etre au sommet du monde est un rêve pour beaucoup de personnes, nous les premiers (surtout après ce récit formidable) mais que peu de personnes réalisent. Peut-être dans une autre aventure … un jour.

Au moins c’est rassurant de partir avec un guide aussi expérimenté ; il nous disait qu’en général il commençait à avoir des ressentis de l’altitude à partir de 7.000 m, ça nous laisse de la marge puisque l’altitude maximale de notre trek est de 5.135m.

 Jour 4

Le réveil fut assez difficile, la nuit a été courte. La lodge où nous étions était également le repaire des rats !! Biket a encore passé la nuit à les chasser avec sa frontale et son bâton. Au moment de ranger nos affaires, Bikette avait perdu sa montre qu’elle avait posée au pied du lit. Après quelques recherches, nous la retrouvons enfin, sous le lit ; le bracelet mangé par ces enfoirés de rats. Plus tard dans la journée, on s’est aperçu qu’ils avaient aussi mangé une tong de Bikette…pauvre Bikette, les rats lui en veulent.

Après un petit déjeuner composé d’une omelette aux herbes concoctée par Pemba, nous reprenons la route.

Cette journée annonce un peu plus la suite, les montagnes sont plus hautes et la vallée plus encaissée. Nous prenons également un peu d’altitude, tout en restant très raisonnable, on termine la journée à 1.400 m.

La marche de 4-5 h, fortement ralentie par les troupeaux de mules très difficiles à doubler sur les sentiers escarpés, nous mène aux portes du village de Jagat et de l’entrée de la « restricted area ».

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Jour 5

Après la pluie de cette nuit, nous avons le bonheur de découvrir au matin qu’il fait beau. Notre omelette et pain tibétain avalés, nous partons pour une grande journée de marche. Nous changeons de vallée et découvrons un paysage différent : les montagnes sont plus hautes et plus abruptes. Nous sommes également plus retirés, les villages sont plus espacés et nous ne croisons plus grand monde sur le sentier ; en tout et pour tout une quinzaine de personnes dans la journée, un convoi de mules et un troupeau de vaches.

Dans l’après-midi, la pluie menaçait et nous faisait hâter le pas. Après quelques forêts traversées, nous atteignons notre but, en ayant échappé à la pluie… ouf puisque nos vêtements mouillés n’auraient jamais séché (il faisait moins de 10°C quand on est arrivés) et repartir le matin avec des vêtements mouillés est assez désagréable, surtout à cette température.

Bikette a essayé une douche froide, mais à 1900 mètres, et bien c’est très froid, Pemba nous dit maintenant plus de douche froide, ok on prend note 😆  !

La homestay où nous avons logé nous offrait un beau point de vue sur les sommets enneigés que nous avons pu entrapercevoir lors d’une éclaircie.

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Jour 6

Lovés dans le sac de couchage, il fut difficile de s’en extirper pour sortir dans la fraicheur matinale (il faisait environ 5°C dans la chambre). Le plus difficile ne fut pas la sortie du duvet, mais ce fut l’habillement : enfiler nos vêtements humides et froids de la veille est un calvaire (à cette température les vêtements ne sèchent pas, quand bien même on avait improvisé un fil à linge à l’intérieur de la chambre).

La journée de marche fut relativement longue (environ 7h) et uniquement en ascension : nous sommes passés de 1.900m à 2.630m. Les paysages changent peu à peu, les sommets enneigés semblent plus proches et leurs quelques 7.000 ou 8.000m d’altitude nous rappellent les gratte-ciels de Hong-Kong, plus parsemés mais bien plus majestueux. De leur hauteur, ces monts nous rappellent que la montagne a tout pouvoir sur nous et que nous sommes bien petits et insignifiants face à elle ; nous ne sommes pas en trek dans la montagne, c’est la montagne qui nous accueille en son sein.

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Au détour du sentier, nous apercevons un troupeau de grands singes gris à tête blanche et noire se désaltérant dans le torrent. Peu de temps après, nous arrivons au village de Namrung où une charmante homestay nous y attendait. Après une longue journée  quelque peu éprouvante, nous nous faisons un petit plaisir en nous offrant une bière bien fraiche (à température ambiante, soit à 5-7°C)… quel bonheur.

Jour 7

Ce 7ème jour nous a fait prendre de l’altitude, on est partis de 2.630m pour arriver à 3.520m, en 5h30… que de la côte.

En chemin, nous apercevons le mont Manaslu (8.163m) et d’autres sommets à plus de 7.000m.

A l’orée d’un bois, nous passons une barrière pour nous retrouver au beau milieu d’un troupeau de yaks. Cet animal à la morphologie d’un bison semble impassible aux visiteurs, pourtant sa carrure imposante rehaussée d’une fourrure très épaisse semble taillé pour le combat : ses longues cornes dirigées vers l’avant ne demandent qu’à embrocher le premier imposteur qui viendrait déranger sa quiétude. A la sortie du bois, nous voyons même un mouflon sur le chemin ; animal très sauvage, il s’en est allé aussitôt dans la montagne, ne nous laissant pas le temps de dégainer l’appareil photo pour le mettre en boite.

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Peu de temps après, nous débouchons sur une large vallée entourée de montagnes enneigées. Ce cirque nous donne l’impression d’être arrivés dans un cul de sac où toute tentative pour franchir ces gigantesques barrières naturelles serait vaine. Cependant, il va bien falloir trouver une voie puisque le village où nous sommes, au milieu de la vallée, n’est que notre étape pour la nuit. Le village de Sama est peuplé de tibétains très reconnaissables à leurs tenues et leurs joues rougies par le froid de l’altitude.

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Nous prenons une douche rapide, au pichet dans un petit bâtiment traversé par des courants d’air glaçant ; il ne fait que 3°C et il n’est que 15h. Après ce lavage rudimentaire, notre guide, qui est ami avec la tenancière de la homestay, nous invite dans la cuisine, seule pièce pourvue de chauffage grâce au poêle à bois au centre. Ce petit privilège, que les autres clients n’avaient pas, fut d’autant plus apprécié qu’on nous a offert un grog fait à base de rhum népalais (pas fameux, mais fort appréciable) accompagné de quelques petites patates bouillies tout juste sorties du feu. 

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One comment

  1. chapeau !!!!pou vos exploits!!! vivement la suite!

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